Avez-vous vu revivre une fleur sous l’arrosoir?

Cette fleur de notre parterre parisien pouvait renaître, on le voyait bien. Il ne lui fallait pour cela qu’un peu de passion ou de bonheur.

Ce médaillon, était-ce la passion,—ou n’était-ce qu’un souvenir?

Les espoirs de cette union si prospère au début étaient-ils morts violemment, et ce médaillon contenait-il le portrait de l’assassin?

La vicomtesse attendit, l’oreille au guet, la main sous son corsage.

Puis elle sourit, raillant elle-même sa frayeur.

Puis encore elle ouvrit le médaillon d’émail, qui renfermait, en effet, un portrait.

Oh! pauvres femmes, victimes des méchantes hontes et des sophistiques pudeurs!

Ce portrait dont on faisait si grand mystère, puisque la seule crainte de le voir découvert donnait des frissons et des battements de cœur, ce portrait qu’on dissimulait comme l’indice d’un crime, c’était l’insouciant sourire du beau vicomte de Grévy à l’âge de vingt-cinq ans.

Vous figurez-vous cependant sans frémir quelqu’un entrant à l’improviste et surprenant la vicomtesse, cette sceptique, cette moqueuse, contemplant le portrait de son mari?