Nul ne la regardait, sauf le portrait du préfet de police.

Eh bien, l’œil froid et ferme du magistrat défunt la fit tressaillir.

Elle avait un secret, un secret bien gardé, un secret tout entouré de terreurs et de défiances.

Que renfermait le médaillon joli, suspendu à un cordonnet en cheveux?

Au moment où elle allait l’ouvrir, la vieille boiserie craqua. Le médaillon fut vitement recaché dans le sein de la vicomtesse.

Tous les cœurs honnêtes en sont là. On a frayeur en touchant le seuil de certains mystères. Je sais des femmes que je n’aime point d’amour et je donnerais beaucoup, du temps, de l’argent, du repos, pour leur barrer le chemin des petits abîmes où trébuchent les anges de ce monde.

Plus d’une fois, la vue de ces portraits si bien cachés ou de tout autre indice m’a serré le cœur.

C’est si terrible, un roman, dans notre vie civilisée. Il y a autour de ces bonheurs volés tant d’inquiétudes, tant de douleurs, tant de larmes!—Parfois, il y a un si grand nombre d’âmes qui peuvent être brisées du même coup,—et parfois encore tant de sang!

Elles ne savent pas—les imprudentes!—où descend cette route dont l’entrée est toute semée de fleurs...

Ce craquement de la boiserie avait fait notre jolie vicomtesse toute tremblante. Le rouge était venu à ses joues, puis la pâleur. Nous ne saurions dire ce que l’émotion, la moindre émotion rendait d’attraits et de jeunesse à ce visage délicat, dont la beauté, au dire unanime des connaisseurs, était un peu passée.