DEUXIÈME PARTIE.
——
L’HOTEL DE MERSANZ
(SUITE).
XII
— Les papiers du baron. —
—Ma chère belle, poursuivit madame la baronne du Tresnoy, votre patience va être bientôt récompensée. Nous touchons aux faits.
»Permettez-moi de vous dire que M. du Tresnoy eut encore plus de patience que vous. Sa patience dura des années.
»Peut-être avez-vous ouï déjà ce nom du château de la Savate...
—Ces messieurs en parlent quelquefois, répondit la vicomtesse; n’est-ce pas une salle de pugilat et de lutte?
—C’est un lieu plus singulier encore que son enseigne... Ne vous étonne-t-il pas un peu qu’il y ait un rapport quelconque entre madame la marquise de Sainte-Croix et le château de la Savate?
—Tout m’étonne, chère madame... et rien ne m’étonne, pourrais-je dire... J’écoute et j’attends.
—Êtes-vous toujours résolue à vous attaquer à ce mystère?
—Plus que jamais... Je disais l’autre jour à je ne sais plus qui: Si j’étais homme, je me ferais un duel avec un tueur de profession, tant ma vie me pèse... Ceci est un duel... mon adversaire est juste aussi redoutable qu’il me le faut... Avant de m’endormir, ce soir, je mettrai mon testament au net... il n’est pas long... c’est un adieu à ceux qui m’ont aimée... Continuez, je vous prie.