—Fais ce que dois, advienne que pourra! prononça-t-elle avec un magnifique sérieux. Puisque nous trouvons l’occasion de sauvegarder l’avenir d’une de nos élèves... de régulariser une position et de...

—Arrête-toi là, chère sœur, l’interrompit Philomène, qui peinait à la tâche;—je crois que tu as gagné un ou deux centimètres depuis la dernière fois... le corsage est un peu juste... Voilà le mot qui me détermine: régulariser une position... quand même nous devrions en souffrir... Avale un peu ton haleine, ou nous n’arriverons pas... Si tu crois pouvoir compter sur ces nouvelles élèves... d’ailleurs, je n’ai aucune répugnance, moi, pour opérer les rapprochements en tout bien tout honneur et faire de temps en temps un mariage.

—Alors, pourquoi contraries-tu? demanda la rancunière Mélite.

—Là!... fit l’aînée, qui respira gros après avoir attaché la dernière agrafe.

Elle poussa Mélite jusqu’au-devant de la glace et ajouta en la caressant du regard:

—Voilà ce qui s’appelle une jolie taille!... ça ne m’étonne pas qu’on me prenne toujours pour ta mère!

Mélite se retourna radieuse et tendit la main à sa sœur. Elle était sanglée comme une valise. La paix fut cimentée par un double sourire; après quoi, Mélite ouvrit la fenêtre et appela:

—Mademoiselle Mathilde!

La sous-maîtresse leva sa pauvre figure maigre et farouche. Mélite lui fit signe de monter.

Quand mademoiselle Mathilde passa le seuil, Mélite s’occupait à faire bouffer les plis de sa robe. Elle ne put s’empêcher de demander: