»Marguerite baissa les yeux; mais elle resta muette.

»—Dès la première fois que je vous ai vue à la pension Géran, reprit Maxence, j’ai eu de vagues et profonds souvenirs. Vous m’attiriez en même temps que vous me faisiez peur. Je voyais en vous ma destinée... Vos paroles mystérieuses étaient pour moi une lettre morte dont je travaillais nuit et jour à deviner le sens... Regrettez-vous d’avoir été une barrière entre moi et le précipice?

»Marguerite lui tendit la main comme malgré elle. Marguerite l’attira jusqu’à sa poitrine et déposa un baiser sur son front.

»—Ne m’interrogez plus, dit-elle.

»Maxence prononça lentement ces quatre vers, dont je gardais fidèle souvenir:

A son insu, l’acide mord;
A son insu, la fange tache;
Et le vil poignard qui se cache,
A son insu donne la mort...

»Elle s’était tournée à demi vers moi. Son sourire semblait me saluer comme si elle ne m’eût point encore vue.

»Puis, revenant à Marguerite:

»—Sans vous, dit-elle, j’aurais pu être tout cela: poison, fange, poignard... à mon insu.

»Une seconde fois, Marguerite la baisa.