»Maxence se laissa aller contre son cœur, et, d’une voix pleine de larmes:

»—Dites-moi... je vous en supplie, dites-moi que je ne suis pas la fille de cette femme!...

»Et, comme Marguerite gardait le silence, mademoiselle de Sainte-Croix reprit avec vivacité:

»—Elle m’a volée... ou achetée à ces pauvres gens de la campagne... Ma mère me cherche peut-être... Ne sais-je pas qu’ils avaient toujours besoin de jeunes filles!... Écoutez! écoutez! s’interrompit-elle,—vous ne mesurez pas le mal que me fait votre silence! Craignez-vous de me tuer sur le coup? Je suis forte!...

»Elle chancelait. Marguerite la soutenait dans ses bras.

»Marguerite me regardait, puis levait les yeux au ciel.

»Je comprenais cette muette condamnation. Mon âme était navrée.

»—Je suis forte, répéta cependant Maxence;—à mon âge, j’ai pu résister à l’homme que j’aimais d’un amour qui est au-dessus de mon âge!... Je reste debout quand j’ai le cœur déchiré... J’aimais... j’aime encore, et me voici près de vous!...

»Béatrice s’était tout doucement approchée.

»—Pauvre noble enfant! murmura-t-elle.