Mélite pinça par derrière le coude de Philomène atterrée.
Elle lui montra du doigt le cabinet de repos où Vital avait naguère disparu. Philomène, qui en était à chercher un moyen de faire retraite, songeant déjà sans doute au mauvais accueil qui l’attendait auprès de madame de Sainte-Croix, Philomène tourna un regard distrait dans la direction indiquée par sa sœur.
Elle ne vit rien d’abord, parce que le cabinet de travail était beaucoup moins éclairé que le grand salon; mais, au bout de quelques secondes, elle distingua deux ombres qui se mouvaient au milieu d’un cadre brillant, formant le fond de la perspective.
Le cadre était une glace. Les deux ombres, un homme et une femme, s’y dessinaient de plus en plus distinctement.
Mélite avait un méchant sourire. Philomène eut peine à retenir une exclamation de joie.
—Mignonne, dit-elle d’un ton dégagé qu’elle n’aurait certes pas pris l’instant d’auparavant,—vous nous donnez la récompense qui trop peu souvent atteint ceux qui se dévouent au bien... Vous êtes jeune... peut-être était-ce trop demander à un enfant... Plus tard, quand vous serez femme, souvenez-vous, mon pauvre ange, de l’effort tenté près de vous par vos deux vieilles amies... Allez danser, ma fille!
Mélite se leva et répéta:
—Allez danser, ma fille.
—Seulement, reprit Philomène de son ton le plus mielleux,—ce ne sera pas avec le cavalier inscrit pour la huitième contredanse...
—Parce que?... demanda Césarine piquée au vif.