—Mais non, mon enfant bien-aimée!... ayez pitié de votre père!... Songez que la conduite de cette femme est la fable de tout Paris... Songez que personne n’ignore, dans cette maison qui est la vôtre, le degré d’égarement où elle est tombée... Votre père, faible ou généreux, ferme encore les yeux... Ouvrez-les lui...

Césarine fit un mouvement pour se dégager. Toute cette éloquence était en pure perte.

L’orchestre jetait les premières mesures de la contredanse.

Césarine ne croyait pas,—et Césarine interrogeait du regard tous les coins du salon pour chercher son danseur.

La sueur perçait à ses tempes. Si Vital n’allait pas venir!

Oh! je vous le dis, en ce moment, elle aimait!

—Vous ne répondez pas? murmura Philomène, prête à battre en retraite.

—Si fait, répondit mademoiselle de Mersanz d’un ton glacé;—je vous réponds, chère demoiselle, que vous ne pouviez vous adresser plus mal... Je ne suis point venue ici pour y établir ma royauté de seize ans... La maison est grande... La place qu’on m’y voudra bien donner sera toujours suffisante... et jamais, entendez-vous, jamais je ne jouerai le rôle de dénonciatrice!

C’était assurément le dernier coup et il n’y avait plus d’attaque possible.

Mais, en ces instants désespérés, le hasard se plaît parfois à changer subitement la face d’une bataille.