DEUXIÈME PARTIE.
——
L’HOTEL DE MERSANZ
(SUITE).

XX
— La huitième contredanse. —

Nous vous le disons en pleine sincérité, mademoiselle Philomène Géran était une douce fille, sans angles, sans défauts. Elle valait mieux que Mélite, qui était cependant une personne de très-belle tenue.—Mais il faut bien soutenir un établissement.

Mademoiselle Philomène Géran croisa ses mains sur ses genoux et répondit à la question de Césarine:

—Je vous parle de votre mère à cette heure et en ce lieu, ma pauvre enfant chérie, parce que cette heure et ce lieu font naître en moi de cruels souvenirs... La dernière fois que nous la vîmes, elle dansait, toute jeune et toute belle... Souvenez-vous de ce que je vous disais naguère: Dans la plupart des cas, votre devoir serait de remplir ici un rôle de paix et d’employer votre influence à resserrer des liens illusoires... mais, ajoutais-je... et j’hésitais, ma fille... vous l’avez bien vu... Voici ce que je voulais dire: Votre mère est morte bien jeune, morte bien malheureuse... et cette femme qui ose s’asseoir à la place qu’elle occupait...

Philomène s’arrêta.

Les yeux de Césarine étaient fixes et brûlants.

—Ayez le courage d’achever, ma sœur! dit solennellement Mélite.

—Césarine m’a compris, prononça Philomène avec lenteur.

C’était vrai, car Césarine dit d’une voix étouffée.