—Accusez-vous ma belle-mère?... l’accusez-vous?

Et, comme Philomène tardait à répondre:

—Elle n’était pas à Paris! reprit la jeune fille au comble de l’agitation;—elle ne connaissait pas encore mon père.

Les deux demoiselles Géran échangèrent ostensiblement un regard plein de commisération; puis Philomène reprit:

—Il ne nous a pas été donné de percer le mystère qui entoura ce funeste événement... A Dieu ne plaise que nous accusions sans preuves!

—A Dieu ne plaise! répéta Mélite.

Il y eut un silence.

Césarine avait mis sa main au-devant de ses yeux.

Peut-être évoquait-elle au tribunal de sa conscience la victime chère et l’accusée tout à l’heure encore détestée. On la faisait juge. Peut-être jugeait-elle.

Elle dut les voir ensemble, au travers de ses yeux fermés, les deux femmes qui avaient porté le nom de son père,—les deux comtesses de Mersanz, dont les portraits rivaux se regardaient dans le boudoir où Maxence promenait tout à l’heure de l’un à l’autre sa prunelle mélancolique et profonde.