»—Pourquoi aimez-vous ma Béatrice? me demanda-t-elle.

»—Parce qu’elle souffre, repartis-je.

»—Vous vous trompez, murmura-t-elle, tandis qu’un fin sourire errait autour de ses lèvres, ce n’est pas pour cela.

»—Et pourquoi donc?

»—C’est parce que vous souffrez.

»Je n’ai pu m’empêcher de lui tendre la main.

»—Elle l’aime, me dit-elle les larmes aux yeux. Nous aimons parfois ces hommes. C’est notre malheur. Je ne sais pas si celui-ci peut s’amender jamais au point de la rendre heureuse; mais je veux qu’elle soit tranquille et honorée... je le veux!... Je veux qu’on lui rapporte son titre de comtesse et qu’on la supplie à genoux de l’accepter... Je suis si petite, qu’ils ne me voient pas. C’est là une partie de ma force...

»Elle ouvrit précipitamment son coffre et mit, sans chercher, la main sur un bijou qu’elle me tendit après l’avoir baisé.

»C’était un anneau d’or: une alliance.

»—Voici la bague de mariage de la première comtesse de Mersanz, reprit-elle. Quand madame de Sainte-Croix lui eût donné le coup de la mort...