Ennuyez-les au contraire, en italien, par exemple, et vous êtes parfaitement certain de les divertir.

Avec une amie de province, on raconte; les Parisiennes n’écoutent jamais. Elles ne lisent que les enseignes des magasins de nouveautés. Depuis que les tables ne tournent plus, que font-elles?

La plume de la vicomtesse courut bientôt sur le papier, traçant ces caractères bleus, inclinés, longs, élancés, coquets, qui tombent de toutes les plumes de vicomtesse.

«Il est tard, ma bonne Aglaé, je devrais dormir; mais tu as enfin daigné me donner signe de vie, et ta lettre me prouve que notre imbroglio t’a fouetté le sang. N’est-ce pas que c’est fort attachant? Moi, cela m’enchante. Ma vie est désormais un feuilleton roman. Chaque soir, je m’endors en me disant: «La suite à demain.»

»Et le lendemain apporte le chapitre impatiemment attendu.

»J’ai peur, quand cela sera fini, de trouver l’existence bien monotone.

»Sais-tu quel est mon emploi pour le moment? J’ai monté en grade: félicite-moi. Naguère, je portais les messages, j’étais facteur. Maintenant, je fais bel et bien la correspondance. J’ai l’honneur d’être secrétaire particulier de ma petite bonne femme. J’ose espérer qu’elle est contente de mes services.

»J’ai écrit quatre lettres ce soir, non pas sous la dictée de Marguerite, mais d’après ses instructions formelles. Le drame se serre; l’intrigue brouille ses fils. Nous aurons de la peine à dévider cet écheveau. Voici que nous allons prendre la baronne par ses deux grandes filles, Césarine par son repentir bien sincère, la pauvre enfant, et la belle Maxence...

»Mais on dit qu’elle est bien malade. J’ai peur! Je n’ai pas besoin de te dire de quoi est capable madame la marquise de Sainte-Croix.

»Madame Rodelet, la mère du jeune M. Léon, va nous venir en aide. Fromenteau, l’ancien agent de M. du Tresnoy, va se mettre en campagne. Je suis sur les traces d’une nommée Justine dont le témoignage porterait un terrible coup, et une sœur de madame Seveste, l’accouchée de la rue du Cherche-Midi...