Elle eût fait horreur, mais aussi pitié à ceux-là mêmes dont la vengeance la poursuivait en vain depuis si longtemps. Ses cheveux épars balayaient son visage, qui se creusait et maigrissait en quelque sorte à vue d’œil. La folie la cherchait, et toujours revenait la raison impitoyable.

Quand son regard se détachait un instant du corps de sa fille, une invincible attraction l’y ramenait. C’était alors d’effrayantes tortures. Cette femme était déjà en enfer.

Et le poison n’agissait pas. L’agonie cruelle s’allongeait. C’est à peine si quelques douleurs sourdes traversaient parfois sa poitrine.

L’écume était à sa bouche. Il y avait des mèches de ses cheveux qui blanchissaient.

Le premier spasme la prit, couchée aux pieds de Maxence, dont ses deux bras entouraient les jambes. Par les mouvements désordonnés qu’elle fit, Maxence glissa hors de la chaise et tomba la face contre le sol.

Flavie, secouée qu’elle était par d’atroces convulsions, s’acharna à la relever. Elle parvint à l’adosser contre la table. Elle mit la lampe par terre auprès d’elle; puis, se traînant, elle s’éloigna à reculons, de peur de violer, par ses étreintes épileptiques, le repos de ce cadavre si beau dans la mort.

Elle s’éloigna jusqu’à ce qu’elle rencontrât l’angle du mur, où elle s’arrêta.

La lumière de la lampe tombait en plein sur l’admirable beauté de Maxence.

Quand les vertiges de la mort prirent Flavie, elle éprouva comme un soulagement; mais ce n’était qu’un répit trompeur, avant d’atteindre aux suprêmes déchirements de son inénarrable supplice.

Les vertiges de la mort lui montrèrent, en effet, sa fille se dressant comme un spectre et marchant vers elle la main étendue.