»En voici encore! Tends ton tablier!
»Les deux demoiselles du Tresnoy sont mariées. La baronne n’a plus ses filles. M. de Jolien et M. de Mussaton de Bazagude, deux gendres, s’en aperçoivent, ma foi, bien. Dorothée a pris un peu le genre artiste; Juliette fait l’austérité. Ce sont deux grandes femmes laides dans le bon ordinaire.
»Jean Lagard a promis sous serment d’être sage comme une image. Il est garde au château du maréchal.
»Mélite et Philomène Géran vont partout, se vantant d’avoir régularisé la position du comte Achille. Ce sont elles qui ont fait le mariage de notre Béatrice.
»M. Baptiste et mademoiselle Jenny sont rentiers.
»Le sergent Niquet et l’adjudant Palaproie rôdent comme deux ombres autour de la grille fermée.
»Le précieux Frémiaux... Mais je suis sûre que tu as envie de savoir ce qu’est devenu M. Garnier de Clérambault. Il est allé, comme on dit, se faire pendre ailleurs. Je ne sais le moyen qu’il a pris; mais, blessé, malmené, écrasé qu’il était et à moitié mort, il a pu échapper à la main de la justice.
»On dit qu’il est passé en Amérique. Il y a peut-être quelque chose à faire dans ce pays neuf et libre. Vingt-cinq ans de succès permettront à Garnier d’établir là-bas tout un nouveau système de relations dans la société. Débarrassé de sa terrible commanditaire, il rétablira sur des bases solides sa fabrique de mariages, et fera enfin fortune, s’il peut échapper aux caresses de la civilisation républicaine: la loi du Lynch, les revolvers à douze coups, etc....
»Fromenteau a une position. Il l’a eue un jour trop tard. Stéphanie était remariée à son cinquième époux.—Mais ce rival heureux tousse un peu: Fromenteau attend désormais avec confiance.
»Barbedor est fou. Il croit avoir percé la barrière des Paillassons.