Ils sont presque tous du Midi. Le Midi est la terre des parfums. Quand un fort-et-adroit, natif d’Arles ou de Sète, est en effervescence, approchez-vous, si vous avez du cœur.

Aucune plante, depuis le syringa jusqu’au basilic, aucun animal, depuis la civette jusqu’au putois, ne possède assurément une aussi vaillante odeur. C’est le comble! c’est le sublime! Avec un seul Hercule de Tarbes, distillé convenablement, on empoisonnerait l’atmosphère de Paris tout entier et de sa banlieue.

Or, ils étaient dix, ils étaient vingt, tous plus ou moins charabias, tous disant: Qui est-ceu? tous jurant tron de l’air, et nourris d’oignons depuis leur plus tendre enfance.

On avait lutté déjà. Ils étaient tous en sueur. Chaque pouce carré d’air valait un demi-boisseau de guano pour l’agriculture.—Mais on va chercher bien loin les engrais qu’on a sous la main.

Vous auriez pu couper l’atmosphère au couteau. C’était superbe, Un oiseau du bon Dieu y fût mort en trois minutes.—Niquet et Palaproie ouvraient leurs narines gourmandes, ces dames s’éventaient avec les cartes du restaurant Barbedor; nos lions respiraient en désespérés la fumée de leurs cigares et les gamins de la galerie frétillaient comme le goujon dans l’eau sale.

Chaque être organisé se réjouit quand il trouve le milieu qui lui est propre. L’atmosphère est pour beaucoup dans la passion que beaucoup de gens comme il faut nourrissent pour les assauts de force et d’adresse.

L’atmosphère et les mâles harmonies de l’orchestre Soufflard!

Vingt-quatre hommes de cuivre! quarante-huit poumons de cannibales! polkas de Pilodo, valses de Musard: musique faisant sur l’oreille le bon et salutaire effet de l’étrille sur la peau.

Ce sont les assaisonnements nécessaires de la lutte, du bâton, du chausson et de la canne. Sans ces condiments appropriés, les dandys, les artistes, les bourgeois, les demoiselles, les gamins et les militaires ne trouveraient nul charme à ce spectacle.

Voici, cependant, Jean-François Vaterlot qui s’avance sur la pointe du pied, au milieu d’applaudissements frénétiques. Il dandine agréablement son vaste abdomen et se pose au centre de l’arène pour faire l’annonce.