Jean et lui se donnèrent la main et dansèrent, avant de commencer, un petit bout de farandole.

Ils se prirent ensuite loyalement, bras de ci, bras de là, comme on fait dans les luttes bretonnes, où toute la partie d’escrime est supprimée pour ne laisser place qu’à la force pure.

Il était facile de voir que Lenfant était de taille à tenir tête à Jean Lagard. Ce fut, en effet, une lutte de beau style, sans échappées ni reculades. Jean, déjà un peu las, malgré sa puissante haleine, ne donna pas d’abord tous ses moyens. Il tomba deux fois sur les mains, tandis que Lenfant ne toucha terre qu’une fois. A la troisième reprise, les fanatiques de Jean ne savaient trop que penser.

—Cinquante louis pour Lenfant! proposa Montmorin.

Personne ne releva le gant et ce fut Lagard lui-même qui répondit:

—Tenus!

Lenfant, s’adressant à Montmorin, demanda:

—Qu’y aura-t-il pour moi?

—Moitié.

—Voyadioux! alors, nous allons la danser.