C’est ici qu’on nous reproche le péché d’invraisemblance, et c’est ici que se trouve la partie rigoureusement historique de notre récit. Nous sommes trop près du dénoûment pour faire un plaidoyer; les événements nous poussent. Une autre fois, nous dirons notre avis sur la valeur de ce mot invraisemblance et sur la façon dont on l’emploie.

Invraisemblance n’a pas beaucoup de sens logique dans ce siècle de l’absurde et du miracle. N’avons-nous pas vu réaliser tous les genres d’impossible? Dans certaines bouches, le mot invraisemblance est, neuf fois sur dix, un aveu d’ignorance.

C’est le mot, dit-on, le plus employé en Chine, à cause de la muraille.

D’ailleurs, c’est à prendre ou à laisser. La vicomtesse et le maréchal étaient aux ordres de maman Carabosse, ancienne vivandière, présentement marchande de plaisirs et de pommes d’api. Voilà le fait. Les faits se moquent de la vraisemblance.

Avec l’étrange confiance qui était le fond de son caractère, elle s’était fait fort d’amener les choses à bien.

On la croyait. Elle agissait à sa guise. Il lui arrivait de ne point rendre ses comptes. C’était un ministre responsable, ou mieux, un souverain absolu.

Le but de ces gens appartenant à des classes si diverses et réunis pour bien faire: le maréchal, la vicomtesse, Marguerite et son fils Vital, était de ressusciter Béatrice et le malheureux capitaine Roger, de sauver Césarine et, s’il se pouvait, Maxence elle-même, enfin d’arracher Achille et sa fortune aux griffes de ce redoutable oiseau de proie: madame la marquise de Sainte-Croix.

La position était difficile. Nous savons que Béatrice ne voulait pas être secourue et que le vieux Roger n’avait même pas la conscience de son malheur.

Les lettres de la vicomtesse nous ont dit, en outre, jusqu’à quel point le comte Achille était engagé avec la marquise. La retraite de Césarine hors de la maison paternelle nous donne d’ailleurs la mesure de la chute de M. le comte de Mersanz.

Il n’y avait rien à espérer de son côté. Tous les efforts tentés contre sa fantaisie devaient tourner à mal.