Marguerite allait s’élancer à la poursuite de cette vision, lorsque de nouveaux bruits se firent entendre vers la rue de l’École. Il y eut un cri étouffé, puis ce fut comme une lutte.
—Vital! Vital! où es-tu? fit Marguerite éperdue.
On répondit cette fois, et ce fut la voix mâle du jeune officier.
—Mère, s’écria-t-il, n’approchez pas, au nom de Dieu!
Puis, tout de suite après, une autre voix déjà fort altérée:
—Du moment que le lieutenant Vital est au nombre de mes assassins, je ne me défendrai pas... Je lui pardonne ma mort... que Béatrice pardonne à ma mémoire!
Ces mots arrivèrent distincts à l’oreille de Marguerite, ainsi que la réponse de Vital, qui s’écria, essoufflé comme un homme qui frappe:
—Défendez-vous, comte de Mersanz, je suis à vous! Courage!
Marguerite comprit tout, comme si la scène se fût passée devant elle en plein soleil.
Achille et Vital étaient réunis; mais combien avaient-ils d’adversaires?