Le cri au secours et le nom de Jean Lagard vinrent à ses lèvres en même temps, et s’échappèrent de sa poitrine comme un gémissement. Qu’espérait-elle? Il faut le temps pour sortir d’une salle fermée et emplie de foule. A supposer même que Jean Lagard entendît, parmi tout le fracas qui se faisait autour de lui, pouvait-il quitter la lutte? S’il quittait, par impossible, son travail entamé, avait-il des ailes pour franchir la distance?

En ces moments suprêmes, les heures se comptent par centièmes de seconde. Il ne faut pas un centième de seconde pour donner le coup de la mort.

Mais qu’importe cela? La détresse ne réfléchit pas; Dieu l’a voulu, elle appelle.

Et Dieu veut que souvent son appel désespéré exalte le sauveur jusqu’à ce point qu’il franchit la barrière du possible.

—Jean Lagard! au secours!

Marguerite attendit après avoir poussé ce cri. Ses yeux se portèrent avidement vers le château de la Savate. Son cœur battait à fêler les parois de sa poitrine. Le vertige tournoyait autour de ses tempes.

Il lui semblait, dans sa fièvre, que les murailles de cette maison allaient s’entr’ouvrir et crouler pour laisser passer le vengeur.

Mais la maison restait noire et immobile. On n’y voyait qu’une lumière, brillant à la fenêtre du premier étage.

—Flavie! murmura la petite bonne femme dont les poings se crispèrent:—elle attend!...

Puis elle ajouta en joignant ses mains convulsives et en tombant à genoux: