Nous savons le reste pour ce qui regarde Clérambault et la marquise.

A huit heures, le comte Achille monta en voiture et se fit conduire rue de l’École, hors barrière.

C’était à peu près vers cette heure que Vital enfourchait à cru un cheval de fiacre et piquait des deux pour se rendre au château de la Savate.

Vital arriva le premier, bien qu’il eût laissé son coursier rendu sur le boulevard extérieur. Vital était en uniforme. Il avait son épée.

Il suivit, pour entrer dans les terrains, la même route que devait prendre plus tard sa mère. La pluie tombait déjà à torrents. Le hasard lui fit trouver du premier coup le sentier qui menait à la rue de l’École. Il s’y promena pendant plus de dix minutes comme un soldat en faction. Il ne vit rien; il n’entendit rien.

Vital ne pouvait pas raisonner comme sa mère. Il ne connaissait de Flavie que ses grâces de femme du monde. La solitude de ces champs et le voisinage de cette foule rassemblée au château de la Savate firent sur lui une impression tout autre. Il se dit:

—Nous avons rêvé.

La lumière du premier étage de la maison Barbedor n’avait pour lui aucune espèce de signification.

Nous n’avons pas besoin de dire que, si Vital n’apercevait personne dans ce désert inondé, plusieurs paires d’yeux étaient fixées sur lui. Sa présence inquiétait vivement Clérambault et ses hommes.

Il n’y a dans les marchés que ce qu’on y met, dit le proverbe. On n’avait pas mis Vital dans le marché.