Un autre cri faible lui répondit.
C'était la fée qui sautait dans le courant du Couesnon.
Elle ne savait donc plus courir sur l'eau sans mouiller la pointe de ses pieds, la fée ?
Jeannin n'eut garde de se faire à lui-même cette indiscrète question.
Il reprit sa course.
La fée avait déjà gravi l'autre rive.
Bonté du Ciel ! ce qui avait frôlé les cheveux du petit Jeannin, c'était le voile de la fée. S'il avait eu l'esprit seulement d'avancer le bras !
De l'autre côté du Couesnon, il fallait décidément entrer en grève ou prendre le chemin des bourgs normands qui avoisinent la côte. Ce chemin tourne le dos au Mont-Saint-Michel ; et, d'après la première direction suivie, Jeannin pensait bien que la fée allait vers le Mont-Saint-Michel.
Il n'y eut pas longtemps à douter. La fée, après avoir jeté encore un regard derrière elle, fit un brusque détour et se lança dans les sables à pleine course.
Les sables ! c'était l'élément de Jeannin. Il serra la corde qui lui servait de ceinture, et se remit à jouer des jambes.