— Que voulez-vous de moi ? dit-elle d'une voix qui tremblait un peu. Le cœur de Jeannin battait, battait !
Il répondit pourtant résolument, dans toute la naïveté de sa foi superstitieuse.
— Bonne fée, pardonnez-moi ! Je veux cinquante écus nantais pour me marier avec Simonnette.
Et afin que la bonne fée ne lui jouât pas de mauvais tour (en ceci les quatre Mathurin et les quatre Gothon l'auraient hautement approuvé, ainsi que Simon Le Priol), il saisit la fée, tout en lui témoignant le plus grand respect, et la serra ferme.
XII. Les mirages.
— Oses-tu bien m'arrêter, malheureux enfant ! dit la fée en grossissant sa douce voix.
— Oh ! bonne dame ! bonne dame ! répliqua Jeannin d'un accent larmoyant, mais en la serrant plus fort, tout le monde sait que je ne suis pas brave. Si je risque ma vie, c'est que je ne peux pas faire autrement, allez !
— Et je si te la prenais, ta vie ?
— Bonne fée ! je suis un poltron, c'est connu, mais on ne meurt qu'une fois, et j'aime mieux mourir que de voir Simonnette mariée à ce vilain coquin de Gueffès.
— Lâche-moi !