Maître Loys, le poil sanglant, léchait mes blessures.
Autour de moi, gisant sur l'herbe, il y avait six cadavres, qui étaient les six fils d'Isaac Hellès. Pour sa part, maître Loys avait étranglé deux juifs et une demi-douzaine de chiens.
C'est une bonne bête que maître Loys !
Je dépeçai le daim ; ne pouvant l'emporter tout entier, je pris le filet avec les lombes, et je revins au manoir, un peu maltraité, mais content.
Mon vieux père, qui n'y voyait plus, ne sut pas que j'étais blessé. Il fit en souriant, avec les lombes du daim, son dernier repas qu'il trouva fort bon, et puis mourut.
Telle fut la conclusion du récit d'Aubry.
Comme Reine écoutait encore, il ajouta :
— Que Dieu me donne cette joie de me voir, avec maître Loys à mes côtés et une arme dans la main, au milieu des soudards de mon cousin Méloir, je ne lui demande pas autre chose !
— Vous êtes brave, Aubry ! dit Reine doucement ; vous serez un capitaine ! Oui, vous avez raison, si vous étiez libre, nous pourrions sauver mon père.
— Eh bien donc, s'écria le jeune homme en donnant le premier coup de lime au barreau, travaillons à ma liberté ! L'acier grinça sur le fer.