Jeannin faisait l'avant-garde, comme de raison. Les trois femmes venaient ensuite. Simon et Julien formaient l'arrière-garde.

Au premier détour du chemin, Jeannin reconnut, contre la haie, l'ombre longue et mal bâtie de maître Vincent Gueffès.

Il épaula vivement son arbalète. Mais le Normand perça la haie et se sauva en criant :

— Bon voyage !

XX. Deux cousins.

Ce Vincent Gueffès était un gaillard sans préjugés comme sans faiblesse. Son malheur était de vivre en ces temps ténébreux où de larges épaules valaient mieux que la philosophie. Au sein de notre âge éblouissant, maître Gueffès aurait fait son chemin.

Il faut plaindre ces siècles gothiques où des gens de talent comme Vincent Gueffès étaient réduits à commettre des perfidies inédites au fond d'une bourgade. Perles dans un fumier !

Vincent Gueffès compta nos voyageurs de nuit. Ils étaient six.

Vincent Gueffès ne croyait pas à la Fée des Grèves. Il savait parfaitement le vrai nom de la fée prétendue.

Il lui en voulait à mort pour avoir sauvé le petit coquetier Jeannin.