Il en voulait au vieux Simon Le Priol, qui lui avait interdit le seuil de sa demeure. Il en voulait à Simonnette qui l'avait méprisé, il en voulait à Julien qui était beau et brave : il en voulait à tout le monde.
D'un saut, il gagna le manoir de Saint-Jean, où les soldats s'étaient installés, et pria qu'on l'introduisît auprès du chevalier Méloir.
Le chevalier Méloir venait de rentrer à son quartier-général, après avoir couru les bourgs environnants pour crier l'édit ducal.
Il était las et de mauvaise humeur.
Pour le distraire, Bellissan le veneur découplait les lévriers devant lui, dans la cour du manoir.
— Oh ! Tarot ! oh ! Voirot ! Fa-hi ! Rougeot ! Fa-hi ! Voyez Nantois, messire, quel jarret ! et Pivois ! et Ardois !
— Mais ce grand noir ? demanda le chevalier en montrant un énorme lévrier magnifiquement venu, qui se couchait à l'écart.
— Une belle bête, messire, répondit Bellissan, mais paresseuse et couarde, je crois.
— Comment l'appelles-tu ?
— Je l'ai acheté d'un manant qui le tenait par le cou et qui ne savait pas son nom. Il y a bien quelque chose de griffonné sur son collier, mais du diable si j'ai appris à lire !