— Il aura nom Reinot, pour l'amour de ma dame, dit Méloir.
— Reinot, soit. Ici, Reinot ! Reinot, ici, chien ! Le lévrier noir, assis sur la hanche, les deux jambes de devant croisées, gardait une superbe immobilité.
Bellissan fit claquer son fouet.
Le lévrier se leva, tira ses jambes, bâilla de toute la fente de sa gueule et poussa un hurlement plaintif, en allongeant le cou.
— Voilà tout ce qu'il sait faire ? demanda Méloir d'un ton de mépris.
En ce moment, Grégeois et Pivois, les deux plus fortes bêtes de la meute s'approchèrent de leur nouveau compagnon pour le reconnaître. Entre chiens, la connaissance ne se fait guère autrement que par un coup de gueule. Il y eut des grognements échangés. Pivois et Grégeois voulurent mordre. Le lévrier noir bondit par deux fois.
Grégeois et Pivois roulèrent en hurlant sur le pavé de la cour.
— Bon là ! Reinot, mon filleul ! cria Méloir enchanté ; voilà un brave camarade, Bellissan, et nous allons le mettre à la besogne cette nuit même. Or ça, soupons lestement, et puis en route !
— C'est encore toi ? se reprit-il, en voyant qu'on lui amenait maître Vincent Gueffès.
— C'est encore moi, mon cher seigneur.