Sa dague restait bien encore au fourreau, mais Aubry de Kergariou était un fier homme d'armes. L'attaquer avec une dague quand il avait l'épée à la main, c'eût été folie.
Méloir se secoua, s'étira, se tâta.
— Allons, dit Aubry, en besogne ! Méloir fit un pas vers lui. Aubry lui mit sans façon la pointe de l'épée entre les deux yeux.
— À distance ! dit-il ; les bons comptes font les bons amis ; ne m'approche pas, ou je te pique !
— Tu as donc défiance ?
— J'ai hâte. En besogne.
— J'y suis, mon cousin Aubry, j'y suis ! Méloir se mit en effet à délacer son armure. Il n'avait que les pièces légères et non point la carapace en fer que le quinzième siècle portait encore au combat. Son équipement consistait en éperonnières d'acier, vissées aux cuissards de gros buffle, corselet de mailles, manches de buffle, salade sans visière, à plumail. Aubry le suivait de l'œil.
Quand Méloir eut achevé de se désarmer, ne gardant que ses chausses et son justaucorps, Aubry prit sous la paille de son lit une corde qui devait lui servir dans son évasion projetée.
— Donne tes poignets ! commanda-t-il.
— Attends au moins que tu sois armé. Aubry eut un sourire.