— Je m'armerai quand tu seras lié, répliqua-t-il ; donne tes poignets !

Méloir obéit enfin, mais bien à contrecœur. Ce bon chevalier avait espéré véritablement rétablir sa partie pendant qu'Aubry ferait sa toilette.

Il grommela en tendant ses poignets :

— Qui diable aurait pensé que ce petit homme-là pût jouer si serré ?

— Voilà, dit Aubry, qui avait fait un beau nœud ; je te tiens quitte des pieds. Assieds-toi maintenant à ma place et réfléchis, si tu veux, aux vicissitudes du sort.

Méloir s'assit. Il avait beaucoup l'air d'un renard qu'une poule aurait pris. En un clin d'œil, Aubry fut armé de pied en cap.

— Suis-je bien comme cela ? demanda-t-il.

— Sarpebleu ! s'écria Méloir en colère, ne faut-il encore que je te serve de miroir ?

— Allons ! allons ! ne te fâche pas, cousin Méloir. Une fois ou l'autre, je te rendrai tes armes. À présent, nous n'avons plus que le bâillon à mettre.

Il était trop tard pour faire résistance.