Méloir se laissa bâillonner.

Mais il ne restait plus trace de son excellent caractère. Il roulait dans sa tête de féroces pensées de vengeance.

Aubry lui souhaita courtoisement le bonjour et donna du gantelet dans la porte.

Il frappait à tour de bras, se souvenant que le bon frère Bruno avait dit : « Je vais à matines ».

Mais il paraît que le bon frère Bruno s'était ravisé, car au premier coup la porte s'ouvrit.

Aubry ne put s'empêcher de faire un pas en arrière.

— Il était là ! pensa-t-il ; il a dû tout entendre. Et comme, au même instant, Méloir se leva brusquement, poussant des cris inarticulés sous son bâillon, Aubry se vit perdu.

— Qu'a donc ce maître fou ? s'écria cependant le bon frère Bruno. Sire chevalier, donnez-lui du plat de votre épée entre les deux épaules !

Méloir s'était élancé vers la porte. Il cherchait à mettre son visage en lumière et à se faire reconnaître du moine convers.

Mais celui-ci se tournant vers Aubry :