En allant chercher le vin des trois messes il rencontra maître Olivier Chouesnel, syndic des peaussiers et mégisseurs de la ville d'Avranches. Savez-vous comment il s'était marié, ce maître Olivier Chouesnel ? Mais il ne s'agit pas de maître Olivier Chouesnel. Revenons à frère Pacôme… c'est-à-dire, finissons auparavant, afin de procéder par ordre, l'histoire de Joson Drelin, bedeau de Saint-Jouan-des-Guérets ; les autres viendront ensuite à leur tour.
Une belle paroisse, messire Aubry, où j'ai connu un vicaire qui se nommait Mélin Moreau, et qui fatiguait bellement les chantres au lutrin quand il voulait.
Son frère cadet vendait du lard au Pré-Botté de Rennes, du lard et des œufs cuits durs, saindoux, savons, fromage et beurre assaisonné. Il mourut des coups que lui avait donnés sa troisième femme.
Oh ! la maîtresse femme ! L'année qu'il trépassa, je me souviens que le feu prit en l'église Saint-Sulpice, à Fougères, et que mon oncle Mathieu, hallebardier de la chanoirie, eut la jambe cassée par un cheval fou.
Donc, Joson Drelin était bien empêché quand il fallut tenir sa gageure de boire la rivière.
Sa ménagère se lamentait et pleurait, disant : Que Dieu ait pitié de nos vieux jours ! Nous voilà sans maison et sur la paille !…
Frère Bruno en était là de son récit, lorsque Aubry le saisit rudement par les épaules et le poussa en avant.
La mer arrivait dans le lit du ruisseau qui sépare les deux monts, et frère Bruno avait déjà de l'eau jusqu'aux mollets.
Or, dans ces sables, quand on a de l'eau jusqu'aux mollets, la tête y passe souvent.
Frère Bruno se mit à rire quand il fut à pied sec.