Amen ! mon cher seigneur ! En conséquence, ce n'est plus une meute qu'il nous faut, mais une armée.

— Une armée ! dit Méloir en haussant les épaules, une armée pour réduire deux douzaines de patauds et quelques femmes. Sont-ils donc dans une forteresse ?

— Oui, messire, répondit Gueffès.

— Ils ne sont pas au couvent du mont Saint-Michel, je pense ! s'écria Méloir. Gueffès secoua la tête en ricanant.

— Ma foi, répondit-il, s'ils n'y sont pas, c'est qu'ils n'y veulent point être ; car votre duc François est terriblement en baisse parmi les bons moines. Mais, enfin, ils n'y sont pas. Seulement, des murs du couvent qui dominent la ville, on les voit assez bien…

— Ils sont à Tombelène !

— Vous l'avez dit, messire. On les voit assez bien remuer leurs roches et clore leur enceinte. Il y a de bons bras parmi eux, mon cher seigneur, et de bonnes têtes, car leur petit fort prend tournure.

— Hommes d'armes ! cria Méloir : au galop !

Les lourds chevaux frappèrent le sable en mesure. On passait devant le bourg de Saint-Georges.

Gueffès, quoique un peu maquignon, n'était pas un écuyer de première force.