Était-ce conscience de leur méfait de la nuit précédente ? On n'oserait point l'affirmer. En tout temps, le soldat se pardonna bien des choses à lui-même, mais ces hommes d'armes qui venaient d'arriver apportaient des nouvelles.
La main de Dieu était sur le duc François de Bretagne.
Tout le monde l'abandonnait à la fois.
Et tout le monde attendait avec une sévère impatience le moment fatal, fixé par la citation de monsieur Gilles.
Personne, d'ailleurs, ne doutait que François ne dût aller, avant quarante jours écoulés, devant le terrible tribunal où l'appelait son frère.
Car, l'histoire, si variable en ses autres enseignements, ne s'est jamais démentie sur ce fait : les princes à qui la Pensée religieuse a déclaré la guerre sont perdus :
Soit qu'une excommunication tombe sur leur tête rebelle des hauteurs du Vatican, soit que la conscience populaire se mette aux lieu et place des foudres de l'Église.
Ici, c'était la voix du sépulcre qui s'était élevée, et la voix des morts, comme la voix du pape ou la voix du peuple, est la voix de Dieu.
Au moment où le chevalier Méloir passait le seuil de la salle où étaient rassemblés ses hommes d'armes, une discussion très vive et très échauffée cessa brusquement.
Méloir n'en put entendre que quelques mots ; mais ce qui suivit fut une explication parfaitement suffisante.