— Toi, tu n'as ni moissons ni femme, Rochemesnil ! s'écria-t-il ; je te préviens qu'il y a bataille cette nuit. Si tu veux t'en aller après cela, honte à toi !
— S'il y a bataille, je reste, repartit Rochemesnil ; mais après la bataille, je m'en vais.
— Où ça ?
— Devers Guérande, où feu monsieur mon cousin Foulcher m'a laissé des salines sous son beau château de Carheil.
Méloir se laissa choir sur l'unique fauteuil qui fût dans la salle.
— Sarpebleu ! sarpebleu ! sarpebleu ! grommela-t-il par trois fois. Et c'était preuve d'embarras majeur.
— En sommes-nous donc là déjà ? reprit-il ; je croyais que nous avions encore, au moins, une vingtaine de jours devant nous.
Comme on le voit, entre lui et les autres, ce n'était qu'une question de semaines. Il demeura un instant pensif ; puis il se redressa tout à coup.
— Allons ! Rochemesnil, dit-il, va-t'en voir les salines que t'a laissées feu monsieur ton cousin Foulcher de Carheil et que le diable t'emporte !
Rochemesnil ne se le fit pas répéter.