Les quatre Gothon dévoraient. Les Mathurin étaient des gouffres. Quant aux Joson, il n'y avait guère que les Catiche qui mangeassent plus gloutonnement qu'eux.

Les Catiche étaient nées en juin, et Mathieu Laensberg dit :

« Femme née en juin aura le teint et les cheveux rouges, sera robuste, aimera la bonne chère, mais point le travail entre ses repas ».

Or, qui oserait prétendre que Mathieu Laensberg se soit trompé ou ait jamais trompé ?

La grande famille formée par tous les ménages de Saint-Jean réunis se prit à réfléchir en regardant les débris du festin.

Et le résultat des réflexions de chacun fut ceci :

— Il n'y a pas de quoi faire un autre repas.

— J'ai vu le temps, dit frère Bruno, répondant au sentiment général, le temps où nous prenions de beaux mulets (le lupus de Pline) au nord de Tombelène. L'abbé Gontran, un rude amateur de poissons, les appelait des surmulets, et à cet égard, je sais une aventure…

— Mais, se reprit-il précipitamment, monsieur Hue m'a défendu de conter des histoires !

— Dites-nous plutôt comment nous prendrions bien des mulets ! s'écria le petit Jeannin.