Ici, non. Le pied marque à peine au premier instant, il soulève une manière d'ourlet sablonneux et relativement sec, tandis qu'à l'endroit même où la pression s'opère, l'eau monte et remplace le sable.
Si le pied quitte lestement le sol, comme cela a lieu dans une marche légère, on voit sa trace peu profonde former une petite mare qui s'efface bientôt parce que la tangue reprend aisément son niveau.
Mais si le pied reste, il enfonce indéfiniment et plus vite à mesure que l'immersion (la langue n'a pas d'autre mot) a lieu.
On dit qu'un homme met bien un quart d'heure à disparaître entièrement dans les lises.
XXX. Où maître Vincent Gueffès est forcé d'admettre l'existence de la Fée des Grèves.
Un quart d'heure à disparaître !
Certes, il est difficile de se représenter une plus terrible agonie !
Car une fois que les jambes sont prises à une certaine hauteur, les efforts de l'homme le plus robuste sont vains et ne servent qu'à hâter l'immersion complète.
Le corps fait son trou lentement… lentement !
Le sable monte, emprisonnant les membres, moulant chaque pli de la chair, les jambes, le torse, la tête.