Le pauvre Noirot était couché là-bas sous la tangue, on ne l'appelait plus.

— Allons, bons chiens, dressés à secourir les naufragés, en chasse ! en chasse ! Ils allaient, en vérité ! les chevaux ne quittaient pas le petit trot. Les soudards couraient derrière. Les fugitifs ne pouvaient se soustraire désormais bien longtemps à cette poursuite acharnée.

Il est même probable que, sans les retards occasionnés par l'hésitation des lévriers, aux endroits de la grève où les traces se bifurquaient tout à coup, quelques traînards fussent tombés déjà au pouvoir des hommes d'armes.

Voici cependant ce qui était advenu de monsieur Hue et de sa suite.

Aubry s'était mis à la tête de la caravane lorsqu'il avait reconnu l'absence du petit Jeannin. Aubry ne savait guère son chemin dans les sables ; il allait droit devant lui, ce qui est quelquefois le mieux.

Au bout d'une heure de marche, le bruit de la mer se fit entendre si distinctement qu'il n'y eût point à douter. Ils avaient fait fausse route. Reine souffrait de sa blessure. La fatigue et le découragement venaient.

Et le brouillard ne diminuait point.

La troupe se trouvait engagée dans cette partie des grèves qui est au nord-ouest du Mont, et où les mares abondent.

En retournant sur ses pas, Aubry laissa fléchir vers le sud la ligne qu'il suivait. Ce n'était plus du sable, c'était de la marne délayée que la troupe avait sous les pieds.

Pour éviter les mares, à fond de lises, on faisait de nombreux circuits. Les uns passaient à droite, les autres à gauche.