— Allons ! disaient en riant les soldats du monastère ; voici le vieux chevalier qui va se mettre avec ses assassins contre nous.
Mais Ligneville avait pris la main de Maurever et l'avait serrée avec respect.
— Si mes paroles vous ont causé de la colère, monsieur mon digne ami, avait-il dit, de grand cœur je rétracte mes paroles.
Mais je ne vous laisserai point, ajouta-t-il en souriant, faire de l'héroïsme avec de pareils coquins. Ce serait jeter des perles aux animaux que vous savez. Monsieur Hue de Maurever, vous êtes le prisonnier du Roi !
Avant que le vieillard pût répondre, on l'avait saisi et conduit derrière les rangs.
— Holà ! maraudaille ! s'écria Ligneville, avec rudesse ; maintenant, hors d'ici et vitement ! Il s'adressait ainsi aux hommes d'armes de Méloir.
Ceux-ci pouvaient être en effet des gens de conscience large et peu délicats sur le choix de leur besogne. Mais c'étaient des Bretons.
Ligneville n'avait pas fini de parler, qu'un carreau d'arbalète faisait sonner l'acier de son casque. Les Bretons chargèrent résolument et se firent tuer ou prendre tous jusqu'au dernier.
Monsieur Hue, cependant, avait demandé aux soldats du monastère si quelques fugitifs n'avaient point déjà touché le Mont. Les réponses des soldats l'avaient à peu près rassuré sur le sort de sa fille, qui devait être en ce moment dans l'enceinte des murailles avec Aubry et les enfants de Simon Le Priol.
On monta la rampe.