Épilogue : Le repentir.
Le dix-huit juillet de l'an 1450, vers neuf heures du matin, une cavalcade suivait la route d'Ancenis à Nantes, le long des bords de la Loire.
Il faisait un temps sombre et pluvieux. La magnifique rivière coulait morne et sans reflet sous le ciel noir. La cavalcade se composait d'un chevalier, d'un homme d'armes et d'une jeune dame. Quelques gens de service suivaient.
Quand la cavalcade arriva aux portes de Nantes, les gardes inclinèrent leurs hallebardes avec respect devant le chevalier, qui était d'un grand âge.
La cavalcade passa.
Les gardes se dirent :
— Voici monsieur Hue de Maurever qui vient prendre sa revanche contre le duc François.
Et le moment était bien favorable, en vérité. Le duc François se mourait d'un mal inconnu, dont les premières atteintes s'étaient déclarées en la ville d'Avranches, le soir du service funèbre célébré dans la basilique du mont Saint-Michel, pour le repos et le salut de l'âme de monsieur Gilles de Bretagne.
Le 6 juin de la même année de grâce, quarante jours en ça. Le duc François avait tenu cour plus brillante que jamais prince breton.
Mais par la ville on disait que la cour du duc François entourait maintenant monsieur Pierre de Bretagne, son frère et son successeur.