Quelques vieux serviteurs restaient auprès du lit où le malheureux souverain se mourait, avec madame Isabelle d'Écosse, sa femme et ses deux filles.
Par la ville, on disait encore que le doigt de Dieu était là.
Devant la justice du châtiment, l'ingratitude des courtisans disparaissait aux yeux de la foule.
Nantes était alors la capitale de ce rude et vaillant pays qui gardait son indépendance entre deux empires ennemis : la France et l'Angleterre.
Nantes était une ville noble, mirant dans la Loire ses pignons gothiques, et fière d'être reine parmi les cités bretonnes.
La cavalcade allait sous la pluie, dans les rues bordées de riches demeures.
Monsieur Pierre de Bretagne habitait l'hôtel de Richemont, ancien fief de son frère Gilles.
À la porte de l'hôtel, il y avait foule d'hommes d'armes et de seigneurs, qui se tournaient, comme il convient à la sagesse humaine, du côté du soleil levant.
Hommes d'armes et seigneurs se dirent aussi en voyant passer la cavalcade :
— Voici monsieur Hue de Maurever qui vient prendre sa revanche contre le duc François. Et n'était-ce pas justice ?