— Tu l'appelles ?

— Aubry de Kergariou. Il y eut encore un silence. Au dehors l'aube blanchissait l'horizon. Méloir reprit le premier la parole.

— Maître Gueffès, dit-il avec une certaine noblesse, Aubry de Kergariou est mon cousin, et je suis chevalier, je vous défends de rien entreprendre contre lui.

— Contre lui ! moi ! s'écria Gueffès de la meilleure foi du monde ; ah ! vous ne me connaissez guère. Je souhaite que messire Aubry aille en terre, c'est vrai, mais pour l'y mettre moi-même, incapable, mon cher seigneur ! Seulement si vous aviez pensé comme moi qu'un cercueil ferme toujours mieux qu'un cachot, j'aurais dit : Amen.

Assez sur ce sujet, maître Gueffès !

— Comme vous voudrez, monseigneur. Mais moi qui ne suis pas chevalier, il m'est permis d'avoir d'autres idées… pour mon compte, j'entends ! J'ai aussi un rival auprès de Simonnette. Il n'est pas même en prison, et le plus tôt que vous pourrez le faire pendre sera le mieux.

— Comment ! le faire pendre ! se récria Méloir.

— C'est un petit cadeau que je vous demande par-dessus le marché des cinquante écus nantais.

— Pendre mon petit Jeannin ! dit Méloir en souriant.

— Oh ! oh ! vous le connaissez ! Un joli enfant, n'est-ce pas ?