Rien de tel que ces petits poltrons pour tenter l'impossible.
Jeannin attendait, le cœur gros et la respiration haletante.
Il s'était assuré que l'écuellée de gruau était intacte sur le seuil.
La fée allait venir.
Il attendit longtemps. La lune marquait plus de minuit lorsqu'un murmure confus vint à ses oreilles, du côté du manoir.
Presque aussitôt après, les cailloux du chemin bruirent.
La jeune fille de la veille arrivait en courant.
Il s'était dit :
— Quand la fée se baissera pour prendre l'écuelle, je la saisirai. Mais la fée passa, légère et rapide. Elle ne se baissa point pour prendre l'écuelle. Le petit Jeannin resta un instant abasourdi.
Puis, ma foi, il jeta son bonnet par-dessus les moulins et se mit bravement à courir après la fée.