M. Berthellemot croisa ses bras sur sa poitrine.
L'inconnu le salua avec une politesse pleine de bonhomie.
—Approchez, dit M. Berthellemot.
L'inconnu obéit.
La description de M. l'inspecteur divisionnaire Despaux avait du bon. L'homme était «un gaillard». Du moins, il avait dû l'être. C'était maintenant un ancien gaillard, et selon toute apparence, à voir les rides de son front et la couleur de son poil, ce ne pouvait plus être qu'un gaillard démissionnaire.
Il était vêtu de noir, très proprement et très pauvrement. Il nous souvient d'avoir employé des expressions identiques pour peindre le costume du «papa Sévérin,» la première fois que nous le rencontrâmes, sur son banc de bois, aux Tuileries.
Il était grand, il semblait fort; ses traits vigoureusement accentués, mais calmes et bons, portaient la trace de plus d'un ravage, soit qu'il eût lutté contre des passions désordonnées, soit qu'il eût seulement livré l'éternelle bataille de l'homme contre son malheur.
Quand il eut fait les deux tiers du chemin qui séparait la porte de la table de travail, il salua décemment et dit:
—C'est à M. le préfet que je souhaitais avoir l'honneur de parler.
—Impossible, répondit Berthellemot solennellement. D'ailleurs M. le préfet et moi, c'est tout un.