Je le regardais attentivement, et j'admirais la noble beauté de son visage.
Angèle dit:
«—René, le père ne vous tuera pas. Il sait bien que je mourrais avec vous.
«—Ne menacez pas votre père!» prononça tout bas le jeune Kervoz, qui se mit entre elle et moi en croisant ses bras sur sa poitrine.
—Vous ne me connaissez pas, monsieur l'employé, s'interrompit ici Jean-Pierre, et il faut bien que je me montre à vous comme Dieu m'a fait. J'avais envie de l'embrasser; car j'aime de passion tout ce qui est brave et fier.
—Et d'ailleurs, glissa Berthellemot, ce René de Kervoz, tout chouan qu'il est, a des terres en basse Bretagne, et ne faisait pas un trop mauvais parti pour une grisette de Paris… Ne froncez pas le sourcil, mon voisin, je ne vous blâme pas: vous êtes père de famille.
—Je suis Sévérin, dit Gâteloup, repartit rudement l'ancien maître d'armes, et j'ai passé ma vie à mettre le talon sur vos petites convenances et vos petits calculs. Par la sarrabugoy! comme ils juraient autrefois, quand j'étais l'ami de tant de marquis et de tant de comtesses, j'avais dix mille écus de rentes rien que dans mon gosier, citoyen préfet, et les landes de la basse Bretagne tiendraient dans le coin de mon oeil. J'avais envie de l'embrasser, cet enfant-là, parce qu'il me plaisait, voilà tout… et ne m'interrompez plus si vous voulez savoir le reste!
Berthellemot eut un sourire bonhomme en répondant:
—La, la, mon voisin, calmons-nous! Je prends des notes. Vous ne tuâtes personne, je suppose!
—Non, je fus témoin du mariage.