J'interrogeai notre Angèle; sa mère l'interrogea; tout fut inutile.
Notre Angèle n'avait rien, disait-elle.
Jusqu'au dernier moment elle refusa de nous répondre, et nous n'avons pas eu son secret.
Il en fut de même de René. René donnait à ses absences des motifs plausibles et expliquait sa tristesse soudaine par de mauvaises nouvelles arrivées de Bretagne.
Angèle était si changée que nous avions peine à la reconnaître. Nous la surprenions sans cesse avec de grosses larmes dans les yeux.
Et cependant le jour du mariage approchait.
Voilà trois fois vingt-quatre heures que René de Kervoz n'a point couché dans son lit.
Il a visité, le 28 du mois de février, l'église de Saint-Louis-en-l'Ile, où il a rencontré une femme. Angèle l'avait suivi, j'avais suivi Angèle. Ce soir-là on m'a rapporté Angèle mourante; elle a refusé de répondre à mes questions.
Le lendemain, toute faible qu'elle était, elle s'échappa de chez nous, après avoir embrassé sa petite fille en pleurant.
René n'est pas revenu, et nous n'avons pas revu notre Angèle.
Jean-Pierre Sévérin se tut.