J'écrivis au comte d'abord, pour lui et pour le baron. Point de réponse.
J'écrivis ensuite au baron, le priant d'aviser le comte, même silence.
Notez bien que je les connaissais pour les plus honnêtes, pour les plus généreux jeunes gens de la terre.
Je les aimais. Je fus pris d'inquiétude. J'adressai une lettre à notre chargé d'affaires français à Stuttgard, M. Aulagnier, qui est mon ancien élève pour le solfège.—J'ai des amis un peu partout.—M. Aulagnier me répondit que non seulement le comte Wenzel et le baron de Ramberg n'étaient point de retour à Stuttgard, mais que leurs familles commençaient à prendre frayeur.
On n'avait point de leurs nouvelles depuis certain jour où le comte avait écrit pour demander l'envoi d'une somme de cent mille florins de banque, destinée à former sa dot, car il se mariait à Paris, disait-il, et entrait dans une famille considérable.
Aventure identiquement pareille pour le baron de Ramberg, qui, seulement, au lieu de cent mille florins de banque, en avait demandé deux cent mille.
Le double envoi avait eu lieu.
Et ce qui épouvantait les amis de mes deux élèves, c'est que le comte Wenzel et le baron de Ramberg devaient épouser la même femme: la comtesse Marcian Gregoryi.
—La comtesse Marcian Gregoryi! répéta M. Berthellemot.
Jean-Pierre attendit un instant pour voir s'il ajouterait quelque chose.