Depuis ce temps il avait maigri encore et ressemblait mieux à un fantôme.
Sa tête livide s'appuyait entre ses deux mains.
Le nègre fredonnait une chanson créole en achevant sa besogne.
—Victoire! s'écria la comtesse en passant le seuil. Cadoudal est avec nous, et dans quelques heures tous nos frères seront vengés!
Taïeh tira un rideau qui masqua l'intérieur de la serre. On entendit la caisse grincer en roulant sur les planches, puis la trappe s'ouvrir.
Andréa Ceracchi avait relevé la tête. Tout ce qui lui restait de vie était dans ses yeux ardents.
La comtesse lui serra la main et reprit:
—J'ai suivi votre conseil, Andréa. En livrant Cadoudal, nous gagnions quelques jours de sécurité. Qu'importe, si nous n'avons besoin que de quelques heures? Cadoudal vaut mieux que cela. Au lieu de le vendre, nous userons de lui, et demain, César égorgé sera au rang des dieux.
—Je veux frapper! dit Ceracchi d'une voix sombre. J'ai promis à mon frère de frapper.
De l'autre côté du rideau, la trappe se referma avec un bruit sourd.