Paris avait alors quantité de ces coins légendaires.
On parlait d'une merveilleuse cachette que le président d'Aubremesnil,
ami de l'abbé de Gondy et compère de M. de Beaufort, le roi des
Halles, avait fait construire en son logis, quand le cardinal de
Mazarin rentra vainqueur dans sa bonne ville.
On ajoutait que ce même président d'Aubremesnil, vert galant, quoique ce fût une tête carrée, ne se servit jamais de sa cachette contre la reine mère ou son ministre favori, mais qu'il l'employa à de plus riants usages,—faisant venir de nuit par cet étroit couloir, qui conduisait à la Seine, de jolies bourgeoises et de fringantes grisettes, en fraude des droits légitimes de Mme la présidente…
La comtesse Marcian Gregoryi visita d'abord la table, où quelques mets étaient posés. On y avait à peine touché.
Il y avait auprès des mets un flacon de vin et une carafe. La carafe seule était entamée. La comtesse la déboucha, en flaira le contenu et sourit.
Elle vint au lit alors et tourna l'âme de sa lanterne vers la pâle et belle tête de jeune homme qui était sur l'oreiller.
Nous ne savons ce que cette sorcière de Yanusza entendait par ces mots: le vin qui donne des rêves, mais il est certain que René de Kervoz rêvait, car il souriait.
Les grands yeux de la comtesse Marcian Gregoryi exprimèrent de la compassion et de la tendresse.
—Tu seras libre demain, murmura-t-elle.
Elle effleura son front d'un baiser.