René de Kervoz s'agita dans son sommeil et prononça le nom d'Angèle.

Les sourcils de la charmante blonde se froncèrent, mais ce fut l'affaire d'un instant.

—Je n'aime que le grand comte Szandor, pensa-t-elle en redressant sa tête orgueilleuse, qu'importe un caprice de quelques heures? Ici n'est pas mon destin.

Elle éteignit sa lanterne, et la chambre fut plongée de nouveau dans la plus complète obscurité.

Une voix s'éleva dans cette nuit, disant:

—René, je suis Lila…

René ne s'éveilla point.

Et la voix se ravisa, disant cette fois avec des intonations plus douces qu'un chant:

—René, mon René, je suis Angèle… Passe ta main dans mes cheveux et tu me reconnaîtras.

Les lèvres de René rendirent un murmure qui fut coupé par un baiser.