Une sourde exclamation l'interrompit; elle acheva:
—Je viens de la part de votre neveu, qui est en prison à cause de vous, et j'apporte pour gage la médaille de Sainte-Anne d'Auray, que sa mère, votre soeur, lui passa au cou le jour où il quitta le pays de Bretagne.
Pour la seconde fois, la fenêtre de l'entresol se ferma, mais presque aussitôt après, le porte même de l'allée borgne s'ouvrit.
—Entrez! fut-il dit.
La comtesse obéit sans hésiter.
Dans l'obscurité soudaine qui se fit après la clôture de la porte, la voix reprit avec un tremblement de colère:
—Vous jouez gros jeu, belle dame. Je connais la fiancée de mon neveu.
Vous n'êtes pas Angèle Sévérin.
—Je suis, répliqua bravement la comtesse, Costanza Ceracchi, la belle-soeur du statuaire Giuseppe, mort sur l'échafaud.
—Ah! ah! fit la voix: un hardi coquin! quoique le poignard soit l'arme des lâches… Foi de Dieu! moi, je n'ai que mon épée… Mais comment connaissez-vous mon neveu?
—Montons, dit la comtesse.