On lui prit la main et on lui fit gravir un escalier roide comme une échelle, au haut duquel était une chambre éclairée par une veilleuse de nuit.

Elle entra dans cette chambre.

Son compagnon, qui était la grosse femme de la fenêtre, et qui, vu de près, avait la joue toute bleue de barbe, répéta:

—D'où connaissez-vous mon neveu?

La comtesse tira de son soin la médaille de Sainte-Anne d'Auray qu'elle tendit à la femme barbue, en disant:

—Monsieur de Cadoudal, votre neveu m'aime.

—Foi de Dieu! n'écria Cadoudal, car c'était lui en personne, est-ce que je ne suis pas mieux déguisé que cela?… L'enfant a raison, car vous êtes jolie comme un coeur, ma commère… et j'avais bien entendu dire déjà qu'il faisait ses fredaines… Mais que parliez-vous de prison?

—Monsieur de Cadoudal, reprit la fausse belle-soeur de Guiseppe
Ceracchi, j'aime votre neveu.

—Il en vaut bien la peine, foi de Dieu!

—Je suis venue, parce que René de Kervoz est en danger de mort…
Celle qu'il a trahie s'est vengée de lui…